L’éducation artistique et culturelle, un axe prioritaire de la politique gouvernementale (France), 20 novembre 2009
Dispositifs d'aide et de soutien français à l'audiovisuel et au cinéma subsaharien (France), 29 octobre 2009
Imaginez Maintenant (France), 22 fEvrier 2010
Imaginez maintenant est la première édition d’un événement culturel pluridisciplinaire proposé par le Haut commissaire à la jeunesse au Conseil de la création artistique dans le cadre du fonds d’expérimentation pour la jeunesse.
Cette manifestation en faveur de la jeune création qui se tiendra du 1er au 4 juillet 2010 en divers lieux patrimoniaux de neuf villes françaises, dont le Fort Delgrès et le quartier historique du Carmel de Basse-terre (Guadeloupe), présentera les œuvres, interventions, détournements et propositions de plus de cent créateurs (artistes, chercheurs …) de moins de 30 ans.
Coordonnée par un commissariat national, l’organisation d’Imaginez maintenant repose sur les projets de neuf structures que sont : l'ARTCHIPEL Scène Nationale de la Guadeloupe à Basse-Terre, le CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux, le Centre de Développement chorégraphique de Toulouse, le Centre Pompidou Metz, la Maison de la culture d’Amiens, la Maison de la culture de Grenoble, Marseille-Provence 2013, les Subsistances à Lyon et le Théâtre national de Chaillot à Paris.
Cet événement qui bénéficie du soutien des institutions partenaires et des collectivités locales et régionales a vocation à se déployer en d’autres villes du territoire en 2011 et à l’international dans les années à venir.
Le Haut Commissariat à la Jeunesse soutient la culture et la création
Afin de répondre à la diversité des attentes des jeunes en matière d’engagement et de prise d’initiative, Martin HIRSCH, le Haut commissaire à la Jeunesse, créait le programme « Envie d’agir » qui a pour objectif de rendre plus accessibles et plus efficaces les dispositifs d’aide aux projets des jeunes. Il a pour objectif d’encourager, soutenir et valoriser la capacité des jeunes de 11 à 30 ans, dans tous les domaines dont celui de la première création culturelle (1). Partout en France, les directions départementales interministérielles et le réseau des 950 points d’appui « Envie d’agir » informent et accompagnent les jeunes sur ce sujet, dans la proximité.
Depuis 2006, le Haut Commissaire à la Jeunesse apporte aussi son soutien aux pratiques culturelles pendant les temps de loisirs des jeunes au travers de plusieurs dispositifs, concours et prix et également grâce à l’implication des services déconcentrés : l’éducation à l’image, l’incitation à la lecture et à l’écriture, le spectacle vivant - stages de réalisation, et les pratiques numériques des jeunes (2).
La reconnaissance de la valeur de la jeunesse s’envisage selon Martin HIRSCH « par des actions concrètes et fortes ». Il proposait à ce titre, en mai 2009, au Conseil de la création artistique une réflexion sur l’insertion professionnelle des jeunes créateurs et l’information sur les métiers de la création. Initier un grand événement culturel est alors apparu comme le moyen idéal de faire vivre et rendre visible cette ambition : Imaginez maintenant.
Le conseil de la création artistique, un laboratoire d’idées
Le Conseil de la création artistique, financièrement et politiquement indépendant du Ministère de la culture et de la communication, fut présenté à l’Elysée le 2 février 2009.
Animé par le producteur et exploitant de cinéma, Marin Karmitz, le Conseil de la création artistique est coprésidé par le Président de la République Nicolas Sarkozy et Frédéric Mitterrand, Ministre de la culture et de la communication. Il se compose de onze membres, professionnels de la culture (3) (sans compter Marin Karmitz), dont Dominique Hervieu, danseuse et chorégraphe, directrice du Théâtre national de Chaillot, et Laurent Le Bon, directeur du projet Centre Pompidou-Metz inauguré en mai 2010, deux structures engagées dans l’événement Imaginez maintenant.
Défini comme « Laboratoire d'idées » par Nicolas Sarkozy, ce conseil a pour mission d’« éclairer les choix des pouvoirs publics en vue d'assurer le développement et l'excellence de la création artistique française, de promouvoir sa diffusion la plus large, notamment internationale» et de réfléchir à une diversification dans le financement de la culture (4).
Le Conseil de la création artistique a pour ambition que la culture soit une « réponse de la France à la crise économique (…) et que la création soit au cœur de cette politique culturelle (5)», de témoigner de « la capacité de l’Etat à impulser un changement de culture, pour apprendre à mieux soutenir le processus de création », de « vaincre la pensée unique » et de « réinventer le principe des maisons de la culture » nées dans les années 60 et de les adapter ainsi aux défis du XXIe siècle.
Le Conseil de la création artistique qui dispose de 10 millions d’euros annuel serait, selon Marin Karmitz, « comme dans toute industrie, (…) un service de recherche et développement (6)».
2010 : 10 projets du Conseil de la création artistique dont celui de «Promouvoir la transversalité artistique et culturelle (7)»
Frédéric Mitterrand et Marin Karmitz dévoilaient le 10 septembre 2009 au Musée du quai Branly (Paris), dix idées qui, ensemble, visent à « mettre en œuvre une politique culturelle d'envergure pour le temps présent et l'avenir ».
10 projets pour le développement de pôles culturels et la démocratisation de la culture dont le premier s’intitule « Promouvoir la transversalité artistique et culturelle (8) » dont la manifestation Imaginez maintenant en est l’illustration, l’application. Il revient ici au conseil d'innover et d'expérimenter selon deux objectifs : aider les jeunes créateurs, qui ne trouvent pas leur place dans le dispositif actuel, et élargir les publics de la création (9).
L’événement Imaginez maintenant, outil de promotion de la transversalité artistique et culturelle, doit être envisagé à l’aulne des autres ambitions alors énoncées.
En effet, ce projet fait écho à celui de la valorisation des atouts artistiques et culturels de Paris en favorisant l’essor d’un réseau d’établissements culturels situés aux alentours de la Tour Eiffel, soit « la colline des musées » : Théâtre de Chaillot, Palais de Tokyo, cité de l'architecture, musée Galliera, musée du Quai Branly...
Le conseil qui défend l'accès de tous à l'art contemporain a souhaité que l’événement Imaginez maintenant présente la création contemporaine (œuvres et performances d’artistes) en des lieux accessibles et usités par tous. Dans une volonté d’accès aux arts, le conseil préconise aussi la création d’une clause numérique à l’attention des établissements culturels publics afin d'adapter leurs contenus aux usages, le site Internet d’Imaginez maintenant sera à ce titre une plate-forme artistique et numérique.
Imaginez maintenant répond à l'ambition du conseil de la création artistique d'ouvrir la culture à de nouveaux publics, tant sur le plan territorial que social (10) et de révéler et valoriser sur le territoire et à l’international la jeune création française.
Imaginez maintenant, du 1er au 4 juillet 2010, objectifs et enjeux d’une expérimentation
La proposition de Martin Hirsch, consistant à créer un grand événement culturel autour de la jeunesse, fut l’occasion pour le Conseil de développer le projet Imaginez maintenant.
Cette manifestation confiera du 1er au 4 juillet 2010 à de jeunes artistes et créatifs les «clés» de lieux appartenant à la mémoire collective (monuments, lieux publics, friches...) « afin de saisir le regard qu’ils portent sur le monde qui les entoure et de témoigner de la confiance que la société place en eux pour écrire l’avenir (11) ».
Coordination nationale vs coordinations régionales par sites
L’événement est coordonné au niveau national par un commissariat général domicilié au Théâtre national de Chaillot (Paris). Chacune des neuf structures coordonne personnellement sa proposition en collaboration avec ses partenaires spécifiques. Il apparaît à ce titre que les propositions artistiques diffèrent, que certains établissements se soient parfois entourés de comités de sélection, de parrains, de conseillers et comités artistiques... Si les objectifs et enjeux d’Imaginez maintenant ont été définis par le Conseil pour la création artistique et nationalement coordonné par le commissariat général, les différents sites semblent bénéficier d’une certaine indépendance méthodologique quant à la définition, la conception et l’organisation de leur manifestation. Cette distinction concerne aussi certaines logiques partenariales et outils de communication : à titre d’exemple les partenariats médias nationaux (France télévision, Radio France, Direct matin, Direct soir, Beaux-arts) rayonnent sur l’ensemble de la manifestation alors que les partenariats régionaux sont propres à chaque structure (France bleu, France 3…).
Patrimoine et création contemporaine
Imaginez maintenant s’appuie sur des lieux de patrimoine parfois en lien avec l’actualité comme à Metz où l’événement fera suite à l’inauguration du Centre Pompidou Metz en mai prochain, coordinateur du projet. Marseille-Provence 2013, coordinateur d'Imaginez maintenant à Marseille est l’association porteuse du projet de capitale européenne de la culture qui réalisera tout au long de l’année 2013 un programme d’événements exceptionnels autour des grands enjeux de l’Euroméditerranée. Les « fabriques » artistiques dans un jardin « folie » contemporain du Fort Saint-Jean à Marseille répondent à l’enjeu d’imaginer la préfiguration contemporaine et virtuelle du MuCEM (Musée des Civilisations Europe Méditerranée) en lien avec des artistes qui inscrivent leur démarche de découverte, de liberté d’esprit et de création vers la Méditerranée.
Valorisation culturelle et rayonnement territorial
Imaginez maintenant aborde les enjeux économiques liés aux domaines artistique et culturel.
Paris valorisera la « Colline de Chaillot » qui rassemblera la Cité de l’architecture et du patrimoine (qui programmera par ailleurs une exposition autour de la ville et de la bande dessinée), le Palais de Tokyo et du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (déjà associés dans le cadre de la Colline des musées). Cette proposition sera une préfiguration de la Colline des arts, imaginée par le Conseil de la création artistique.
L'un des objectifs de cette manifestation est de lier l'économique et le culturel, ce en faveur de la jeune génération. Les arts et la culture constituent en effet, comme souligné par Joseph NYE (concept du Smart Power), l’un des atouts majeurs de la compétitivité à venir, agissant comme éléments structurant alliant créativité, diversité et efficacité permettant ainsi au-delà de la logique de divertissement d’envisager une nouvelle vision du développement des territoires (économiques, institutionnels, culturels, touristiques, sociaux, etc.).
Pluridisciplinarité : le dialogue des disciplines
Dans un souci de transversalité et de dynamisme, Imaginez maintenant est un événement culturel et créatif pluridisciplinaire. Au Fort Delgrès et dans le quartier historique du Carmel de Basse-terre (Guadeloupe) Imaginez maintenant réinvente le marronnage et propose aux spectateurs des performances de voix soufflées, du slam, des séances de marquages libres, des sculptures, de la musique créole folk, des installations, de la danse contemporaine, des tableaux dansés et visites guidées menées par un ancien danseur des ballets lorrains, du théâtre, des lectures…
Les structures coordinatrices représentent elles aussi cette pluridisciplinarité : les arts visuels au CAPC de Bordeaux, la danse contemporaine illustrée par le centre de développement chorégraphique…
Propositions pérennes ou éphémères
Les réalisations présentées à partir du 1er juillet prochain n’ont pas toutes vocations à être éphémères.
À titre d’exemple, dix parcelles des hortillonnages d’Amiens (jardins flottants où s’entrelacent des canaux appelés rieux, aux noms évocateurs) seront investies par dix équipes constituées d’artistes, paysagistes, créateurs, autant de propositions parfois pérennes d’un paysage réinventé. Les jardins imaginaires proposés par Marseille 2013 seront aussi, pour certaines, établies.
Les écoles partenaires, une forte participation étudiante
Imaginez maintenant a été conçu en partenariat avec des écoles du territoire. Les neuf structures coordinatrices travailleront en partenariat avec des écoles, universités telles Sciences Po Bordeaux et l’Université Michel de Montaigne qui accompagneront, entre autres, le CAPC de Bordeaux ; l’École d’art de Grenoble École d’architecture, l’Université Pierre Mendès France, l’Institut National polytechnique,… et l’Institut d’études politiques qui seront aux côtés de la MC2, Maison de la culture de Grenoble. Sur l’ensemble des sites, les établissements spécialisés en Sciences politiques ainsi que les écoles supérieures d’art (Écoles supérieures d’art, EnsaN,…) sont fortement représentés.
Partenaires culturels et sociaux
Au-delà des partenariats culturels (institutions, associations territoriales) la manifestation Imaginez maintenant a été conçue en collaboration avec des partenaires sociaux, soit par exemple en lien avec les bureaux locaux de Pôle Emploi, généralistes ou spécialisés.
Accès à la culture pour tous
Imaginez maintenant a été conçue pour être accessible et visible par le plus grand nombre, essentiellement le public jeune, privilégiant ainsi les lieux communément reconnus (pas de musées, théâtre…). Les événements seront, selon le Conseil de la création artistique, soit gracieux soit proposés à un tarif préférentiel symbolique.
L’événement Imaginez maintenant initié par le Conseil de la création artistique et le Haut commissaire à la Jeunesse est un projet culturel, économique et social en expérimentation.
(1) http://www.jeunesse-vie-associative.gouv.fr/Les-initiatives-et-l-engagement.html
(2) In le site Internet du haut Commissariat à la jeunesse Loisirs éducatifs et pratiques culturelles | Le soutien aux pratiques culturelles http://www.jeunesse-vie-associative.gouv.fr/-Le-soutien-aux-pratiques-.html
(3) Décret du 2 février 2009 portant nomination au Conseil de la création artistique, JORF no 28 du 3 février 2009, p. 1957, texte no 65, NOR MCCA0902531D, sur Légifrance.
(4) Décret no 2009-113 du 30 janvier 2009 relatif au Conseil de la création artistique, JORF no 26 du 31 janvier 2009, p. 1863, texte no 66, NOR MCCX0902113D, sur Légifrance.
(5) LEMONDE.FR avec AFP, article du 02 février 2009
(6) In www.lesinrocks.com, Le Conseil de la création artistique, et maintenant ? le10 septembre 2009, par Camille Polloni, http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1252593000/article/le-conseil-de-la-creation-artistique-et-maintenant/
(7) In Le Conseil de la création artistique dévoile dix projets pour la démocratisation de la culture, le 10 septembre 2009 http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-conseil-de-la-creation-artistique-devoile-dix-projets-pour-la-democratisation-de-la-culture
(8) In Le Conseil de la création artistique dévoile dix projets pour la démocratisation de la culture, ibid
(9) In LE MONDE.FR, Les dix travaux de Marin Karmitz pour la culture, article publié le 10 septembre 2009 par Michel Guerrin et Nathaniel Herzberg
(10) In Le Point.fr, Le conseil de la création artistique déclenche l'ire des syndicats, article publié le 16 septembre 2009 par Suliane Favennec, http://www.lepoint.fr/culture/2009-09-16/culture-le-conseil-de-la-creation-artistique-declenche-l-ire-des/249/0/377552
(11) In Dossier de presse Imaginez maintenant, Éditorial de martin HIRSCH, Haut Commissaire à la Jeunesse, février 2010, p. 8, 32 p.
L’Éducation artistique et culturelle, un axe prioritaire de la politique gouvernementale, novembre 2009
L’éducation artistique et culturelle s’apparente donc à une politique spécifique, ni simplement éducative, ni uniquement culturelle. Elle procède d’une politique plurielle qui prend en compte d’une part la totalité du temps de vie de l’enfant et du jeune adulte, de la maternelle à l’université et d’autre part la diversité des acteurs. L’éducation artistique et culturelle comprend donc, au-delà de l’enseignement artistique, l’action éducative des institutions culturelles (Conventions petites formes de la Comédie française), la rencontre avec les œuvres (lien multiforme entretenus par le Théâtre national de Strasbourg en milieu scolaire : politique tarifaire attractive, ateliers Lectures et scénographiques), l’éducation au patrimoine (conventions de partenariat entre le Château de Versailles et les lycées professionnels de Sartrouville et d’Asnières) et le rôle de la pratique artistique (Jardins des sens de la Manufacture de Sèvres) (4). Les biens culturels et les nouvelles technologies participent aussi à cette émancipation.
(1) In Démocratisation culturelle, diversité culturelle, cohésion sociale, Jean-François Chaintreau, Ministère de la culture et de la communication, Délégation au développement et aux affaires internationales, Rapport Culture et recherche: n° 106-107, décembre 2005, 60 p.
(2) In Discours de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, prononcé à l’occasion de l’ouverture du Colloque du cinquantième anniversaire du ministère de la Culture et de la Communication, Culture, politique et politiques culturelles (13 octobre 2009) : « L’autre grande mission du ministère, la « transmission des savoirs », est, en elle-même, une mission d’articulation et c’est pourquoi j’en ai fait l’une des priorités de mon action. Elle repose sur de nombreuses politiques, mais la plus éloquente d’entre elles est bien sûr aujourd’hui la mise en place tant attendue d’une éducation artistique et culturelle à l’école. Je suis ce dossier avec la plus grande attention, en parfaite entente et cohérence avec mon collègue Luc Chatel, car je sais que cette réforme peut être un véritable « levier d’Archimède » de notre dynamisme culturel.
(3) In Résolution du Parlement européen du 24 mars 2009 sur les études artistiques dans l’Union européenne « l’éducation artistique est une composante essentielle de l’éducation des enfants et des jeunes, car elle contribue au développement du libre-arbitre, de la sensibilité et de l’ouverture aux autres ; qu ‘elle est un enjeu fort en matière d’égalité des chances et la condition préalable à une véritable démocratisation de l’accès à la culture »
(4) In «Actions pilotes en matière d’éducation artistique et culturelle dans les établissements nationaux du Ministère de la culture et communication », juin 2009, 109 p.
(5) In Editorial : Art, culture et territoires, de Jean-Pierre Saez, N°30, L’OBSERVATOIRE, Revue des politiques culturelles
(6) In « Synthèses d'étude : Éducation artistique et culturelle. L'exemple d'Annecy » de Marie-Christine Bordeaux : « Les parcours culturels développés à Annecy sont un des outils privilégiés du PLEA (Plan Local d'Education Artistique), créé conjointement par la ville, la DRAC et l'inspection académique de Haute-Savoie en 1997. Ce plan local s'appuie sur deux pôles : d'une part, l'hypothèse du rôle structurant de la culture dans la définition des missions, des frontières et des capacités d'ouverture de l'école ; d'autre part, l'objectif d'un accès assuré, pour la totalité de la population scolaire annécienne, à l'art et à la culture », In Art, culture et territoires, N°30, L’OBSERVATOIRE, Revue des politiques culturelles.
Dispositifs d'aide et de soutien franCais À l'audiovisuel et au cinÉma subsaharien, 29 octobre 2009
Les aides et fonds de soutien à la production audiovisuelle et aux télévisions en Afrique subsaharienne et l’appui à la structuration des filières et des métiers de la production et de la distribution cinématographiques en Afrique subsaharienne
L'Afrique subsaharienne, aussi appelée Afrique noire, est à mettre en opposition avec l'Afrique du Nord, limitée au sud par le Sahel. Formée de 48 pays (îles comprises), l'Afrique subsaharienne est la partie du continent la plus démunie, notamment en matière économique, et la plus mouvementée politiquement (PIB par habitant très faible - environ 1000 dollars/an - et d'un IDH de 0,465 - moyenne mondiale de 0,729).
L'Afrique subsaharienne est généralement subdivisée en quatre sous régions :
- L’Afrique de l’Ouest qui comprend approximativement les pays côtiers au nord du golfe de Guinée jusqu’au Sénégal, ainsi que les pays de l’arrière-pays sahélien, dont le Burkina Faso, le Mali et le Nigeria ;
- L’Afrique de l'Est qui désigne généralement les pays de la vallée du grand rift africain ;
- L'Afrique centrale qui comprend le sud du Sahara, l'est du bouclier ouest africain et l'ouest de la Vallée du Rift, dont le Cameroun ;
- L'Afrique australe est constituée de l'ensemble des territoires situés au sud de la forêt équatoriale africaine.
L'Afrique subsaharienne est souvent présentée, à tort, comme une entité unique, comme si les problématiques étaient les mêmes d'un pays à l'autre. Elle n'est ni une singularité, ni un territoire homogène, il s'agit avant tout d'un monde divers, hétéroclite, où se confrontent toutes les situations. Vaste comme l'Europe occidentale, elle peut difficilement s’apparenter à un ensemble répondant à des règles uniques et pour lequel des solutions simples seraient nécessaires et suffisantes.
Cinéma subsaharien
Si la présence du cinéma sur le territoire subsaharien date du début du 20ème siècle, les origines de la production cinématographique africaine remontent aux années 60. Il n’est pas inutile de rappeler le choc originel constitué par le Grand Écran, sachant que jusqu’à aujourd’hui les salles de cinéma sont parfois encore considérées comme des lieux de perdition.
Le Cinéma africain, au lendemain des indépendances (Années 60), fut militant. Sans moyens, les cinéastes de la première génération, Ovnis Parfaitement Identifiés comme les désigne Olivier Barlet d’Africultures, se sont donné pour missions de remplacer le projet colonial de civilisation des populations par celui de leur progrès. Ils ont entrepris de lutter contre la négation de soi colportée par les images coloniales. Dans les années 70, les cinéastes se regroupent dans une fédération, la FEPACI (Fédération panafricaine des cinéastes). En 1972, elle crée à Ouagadougou le FESPACO - Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou - et refuse à partir de 1975 toute forme de cinéma commercial. Le cinéma doit selon ses membres être un outil de libération des pays colonisés et un pas vers l’unité complète de l’Afrique.
La création du CIDC dans les années 80, premier Consortium Interafricain de Distribution Cinématographique (rachat des circuits de distribution d’une filiale de l’UGC française qui avait le monopole du secteur) illustre l’évolution du cinéma africain, celle d’un cinéma engagé vers l’ambition de l’existence d’une industrie cinématographique (Manifeste de Niamey au Niger, 1982). Suite à la dissolution du CIDC (1984) par la bureaucratie et le contrôle étatique, les cinéastes choisissent le romanesque ancré dans le mythe, miroir de la réalité.
Dans les années 90, les films d’Afrique noire connaissent un succès relatif auprès des spectateurs occidentaux. Leurs réalisateurs refusent alors la dénomination de cinéastes africains. Ils explorent un nouveau cinéma, adoptent une nouvelle écriture et produisent des films explorant l’humain sans concession.
À partir des années 2000, le cinéma africain opère un véritable retour aux sources : l’oralité et le conte. Ce choix esthétique répond à la modernité de son discours. Le spectateur est mobilisé, non en tant qu’Africain mais en tant qu’homme.
Télévisions subsahariennes
Le contact avec les Européens et surtout l'époque coloniale ont introduit une nouvelle pratique du temps et de sa mesure (1). Les médias ont contribué à cette mutation en ne touchant d'abord qu'un nombre très faible d'Africains, accru lentement au temps de la seule presse écrite, plus rapidement après l'implantation de la radio, modifiant le rapport au temps dans sa mesure par leur périodicité mais aussi par leur contenu. En Afrique, l'histoire des médias est étroitement liée à l'avènement de la démocratie, et cette dernière reste comme la "rumeur" de fond qui accompagne le développement médiatique, et fonde les jugements souvent critiques formulés à son encontre.
Le média télévisuel serait selon Marie-Soleil Frere (2) un « média citadin et élitiste dont la consommation est collective ». À ce titre, certains dirigeants africains ont longtemps hésité à introduire la télévision dans leur pays, c’est notamment le cas du Sénégal de Léopold Sédar Senghor qui qualifiait alors la télévision d’instrument à « singer les blancs ». Le parc télévisuel de l’Afrique est aujourd’hui le plus faible du monde, représentant moins de 3% en 2004. Le média télévisuel reste dans 90% des pays d’Afrique sous le contrôle des États conscients de l’usage collectif qu’en font les populations. Hier boîte magique à emprisonner les « images des hommes » dans « la petite boite », la télévision est aujourd’hui l’instrument de la monstration du pouvoir politique tel qu’il se vit dans la cité, réalité favorisée par le développement des satellites faisant fi du monopole des chaînes publiques qui se confondent désormais aux chaînes de l’État.
L'Afrique subsaharienne est structurellement confrontée dans le domaine des médias, dont la télévision, à la dépendance de la technique et des modèles occidentaux (3) alors que l'analyse des contenus met en évidence les enjeux que comporte le choix des langues (anglophone, francophone et lusophone), au-delà de la problématique financière. Les télévisions africaines, faute de moyens, produisent en effet peu de contenus (téléfilms, films, etc.). Leurs grilles de programmes sont essentiellement constituées d’après ceux de CFI, Canal France International, et TV5, fournis gracieusement. Certaines TV africaines présentent des grilles avec près de 60, 70 voire 80% de programmes importés (4), telles les télévisions publiques centrafricaine, tchadienne, béninoise, malienne, burkinabé, etc.
À la fin du 20ème siècle, les politiques d’ajustement structurel réduisant les budgets de chaînes de télévision et l’offre des télévisions internationales ont accru la diffusion de productions étrangères au moment où le nombre des téléspectateurs augmentait le plus, surtout parmi les jeunes. Ces productions, films et téléfilms, transmis par satellites, diffusent des images d’un passé extérieur à l’Afrique ou, pour les fictions situées de nos jours, se déroulent au rythme de la vie urbaine américaine ou occidentale.
De vastes chantiers sont à ouvrir dans le domaine télévisuel, les relations nord-sud sont teintées par la question du droit d'ingérence, et celle du rapport postcolonial entre anciens colons et anciens colonisés. Toutes ces questions devraient être soulevées, selon Léonard Vincent (RSF), par les intellectuels africains et européens et par les hommes politiques des deux continents avant que l'on puisse améliorer la situation dans des pays où défendre les droits de l'homme et la liberté d’expression restent des exercices à haut risque (5).
Les fonds de soutien et dispositifs d’aide français
Si depuis les années 60 la France a soutenu les pays du territoire subsaharien dans les secteurs cinématographiques et télévisuels, l’impact de la mondialisation fut particulièrement brutal en ces domaines dans les pays de la ZSP et singulièrement en Afrique où le déferlement de télévisions par satellite a imposé des images venues d’ailleurs et détourné le public des grandes salles populaires. Les cinémas ont en grande partie disparu, de même que le secteur de la distribution, faute de moyens financiers, de débouchés et d’approvisionnement régulier en films. Le piratage a, de son côté, ruiné toute velléité d’émergence d’un secteur audiovisuel officiel et d’un cycle normal d’exploitation des films de cinéma.
De même, les insuffisances quantitatives comme qualitatives de la production télévisuelle dans la zone de solidarité prioritaire, qu'elle soit issue de sociétés de production indépendantes ou des télévisions, ainsi que l'étroitesse des débouchés pour ces programmes, constituent une menace sérieuse pour la pérennité de ces structures aux faibles revenus. Par ailleurs, les chaînes de télévision nationales ne sont pas en mesure d'assurer leur mission de service public et sont fragilisées par l'apparition de chaînes privées et de bouquets satellitaires étrangers qui remportent des succès d'audience incontestables.
La majeure partie des États africains faisant face à des difficultés politiques et économiques majeures, a été contrainte de renoncer à toute politique de soutien au secteur audiovisuel laissant les apports financiers extérieurs se substituer aux financements des Etats. Pourtant, avec l’émergence de la démocratie, certains États ont engagé des réflexions sur la problématique du développement culturel.
Contexte des programmes et fonds de soutien de la coopération audiovisuelle française en Afrique subsaharienne
Les fonds de soutien dans le domaine de l’audiovisuel (cinéma, télévision) conduits, en partie ou en totalité, par le Ministère des Affaires étrangères et européennes participent de la volonté de coopération culturelle française France en/et avec l’Afrique Subsaharienne formalisée après les indépendances. Ils recouvrent, à titre d’exemple, le Fonds Sud, le Fonds d’Aide aux Cinématographies Peu Diffusées, les aides aux festivals, les aides à la formation et le programme d’Aide à la distribution du cinéma africain en Afrique subsaharienne.
Cependant la nécessité d’engager une politique active dans la reconnaissance internationale de la création contemporaine africaine fut mise en lumière en 1990 à l’occasion du colloque « Afrique en créations » à l’issue duquel naissait le programme du même nom. La réforme du dispositif de coopération internationale de la France, qui s’est traduite dans le domaine de l’action culturelle par la fusion de l’association Afrique en créations et l’Association Française d’Action Artistique en 2000, a permis de relayer le dispositif mis en place dans la décennie 1990-2000 pour l’Afrique sub-saharienne avec l’association Afrique en créations. Afrique en créations mit alors en œuvre un projet développé par le Fonds de Solidarité Prioritaire d’« Appui aux expressions artistiques des pays de la ZSP » (Zone de solidarité prioritaire) d’un montant de 5,9 millions d’euros sur trois ans (2003-2006), dont Culturesfrance (anciennement AFAA) gérait 80% des crédits, et intervenait essentiellement en Afrique subsaharienne. Les nouvelles orientations de Culturesfrance en ce domaine, contiguës à l’élargissement de son champ de compétences au cinéma avec l’arrivée dans son département de la Cinémathèque Afrique, se caractérisaient par une évolution de ses modes d’interventions. L’évaluation de ce programme, Afrique en créations, et plus particulièrement le Fonds de Solidarité Prioritaire, analysait essentiellement le FSP d’Appui à la professionnalisation des opérateurs culturels du continent africain mobilisateur (projet FSP n°2000 - 152), outil central dont la France s’était dotée pour son action dans le domaine du développement culturel en Afrique (6). Ce fonds visait à concourir à la mise en réseau des opérateurs culturels du continent africain, à renforcer la professionnalisation des filières artistiques en Afrique, à améliorer les savoir-faire des artistes et entrepreneurs culturels africains et à poursuivre l’appui à des manifestations artistiques en Afrique.
Concernant la mise en œuvre générale de ce programme, l’évaluation recommandait alors qu’une réflexion concertée soit menée entre l’AFAA et les services du Ministère des Affaires étrangères afin de favoriser efficacement la mise en cohérence des FSP Etats qui s’intéressaient au développement culturel. Elle insistait aussi sur la nécessité de formaliser et de partager ses choix stratégiques selon les disciplines artistiques et selon la prospection pays. Elle recommandait enfin de réduire le risque de dispersion, handicap sur la durée au développement culturel des pays africains et plus largement de la ZSP.
L’évaluation du programme de soutien au cinéma des pays du Sud (avril 2003) proposait d’envisager, en terme de diffusion, d’utiliser l’informel comme la diffusion des films à succès du patrimoine dans le circuit vidéo (exemple nigérian) et de lutter contre la marginalisation des productions africaines au Nord. Elle revenait aussi sur la nécessité de contribuer à l’émergence d’une culture cinéphilique critique au Sud ; d’aider à la conservation des films (action envisagée : conservation et archivage sur support numérique, diffusion des films du patrimoine à destination des télévisions, festivals, ciné-clubs, rétrospectives et autres manifestations) et de miser sur le plaisir de voir un film en salle (multiplexes vs projections vidéos).
Les orientations prospectives quant à la production proposaient, à titre d’exemple, de maintenir l’objectif d’un cinéma de qualité ; de favoriser la production d’une grande quantité d’images ; de poursuivre le soutien aux films d’obédience internationale ; de miser sur les nouvelles technologies ; de soutenir de façon spécifique les productions pour la jeunesse et d’appliquer la décentralisation prévue, même si elle est délicate.
En effet, si la centralisation des prises de décision à Paris semble perverse, une décentralisation dans les pays du Sud laisse craindre elle aussi des jeux de pressions locales encore plus difficiles à gérer, en plus d’un certain saupoudrage des aides. La décentralisation est peut-être la condition d’un ancrage accru de la politique de coopération envers les productions locales.
Le MAEE créait en 2004 dans le cadre du Plan Image Afrique, le Fonds Image Afrique (7) (FIA) géré par Africa Cinéma, aujourd’hui suspendu, dans l’attente des conclusions de l’évaluation. En 2005 lors de la Conférence de presse Africa Cinémas et ACID (Afrique Cinéma Diffusion), il apparaissait qu’au terme de cette phase expérimentale, le programme Africa Cinémas dans sa conception et sa gestion actuelle, n’avait pas répondu aux attentes des professionnels africains et au renforcement de la présence des films africains sur les écrans du continent. Les efforts et la politique déployés depuis des décennies par le Ministère français des Affaires Etrangères, partenaire privilégié du cinéma africain, sont en train de prendre un coup sérieux et cela, malgré l’appel à la réflexion et à la discussion pour trouver des solutions justes et appropriées. Une des recommandations alors formulées revenait sur la nécessité de la gestion directe des programmes d’aide depuis l’Afrique.
Lors de la rencontre Africa Cinémas (FESPACO 2007) fut évoquée la nécessité pour les États de prendre des dispositions législatives en ce domaine, tels par exemple les politiques nationales de quotas.
L’agence internationale de la francophonie et le MAEE revenaient en 2007, lors d’une conférence de presse sur le relatif échec du programme Africa Cinémas lancé en 2003 par les deux partenaires alors soutenus par l’Union européenne. Présentées par Richard BOIDIN (8) les conclusions de l’enquête présentaient quelques écueils comme l’impossibilité de paliers au nombre insuffisant de salles, les moyens mis en œuvre, et l’insuffisance de distributeurs sur le continent en l’absence d’attractivité.
L’association Des Cinémas pour l’Afrique, créée à l’initiative du cinéaste Abderrahmane Sissako, lançait en mai 2009 une campagne de souscription auprès de donateurs publics et privés avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères et européennes, Culturesfrance, Europa Cinéma, le CNC et Arte. Elle a pour objectifs prioritaires de faire le pari du numérique (un modèle économique et innovant pour l’Afrique), de définir une architecture ambitieuse et des équipements de pointe et d’envisager de nouveaux lieux de programmation artistique pluridisciplinaire et d’appréhender une nouvelle structure culturelle créatrice d’emplois locaux
Alain Joyandet, secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, annonçait en mars dernier (21ème Festival Panafricain de Cinéma de Ouagadougou, mars 2009) la création d’un Fonds d’Investissement pour le Cinéma d’Afrique Francophone (FICAF), ayant pour objet la mise en place un dispositif vertueux de croissance de la production cinématographique d’Afrique francophone.
Présentation de deux projets FSP : « Appui à la production audiovisuelle et aux télévisions en Afrique sub-saharienne » et « Appui à la structuration des filières et des métiers de la production et de la distribution cinématographiques en Afrique subsaharienne »
Ces deux projets FSP s’inscrivaient dans le cadre d’une révision et d’une refonte de l’ensemble des moyens du ministère des Affaires étrangères en faveur du cinéma et de l’audiovisuel africain : le « Plan Images Afrique ».
La finalité de ces projets était d’ « accompagner l’évolution démocratique et promouvoir la diversité culturelle, en favorisant le développement d’une offre d’œuvres audiovisuelles d’origine locale exprimant les identités culturelles du Sud ». Outre un fonds d’aide à la production, ces deux projets FSP prévoyaient des actions de formation. Des mesures d’appui à la distribution et à la diffusion étaient également programmées par chacun des projets, respectivement dans le domaine du cinéma et de la télévision.
Dates du projet : 2002 > 2008 (adopté en 2001)
Montant : 6 097 961,00 €
Ce projet faisait suite à l’évaluation rétrospective de la coopération télévisuelle en Afrique sub-saharienne menée sur les années 1995-2000 (3 projets FAC d’intérêt général ont été mis en œuvre au cours de ces années pour un total de 1 981 900 euros). Il a été élaboré pour atteindre les objectifs suivants :
Date du projet : 2004 > 2008 (adopté en 2003)
Montant : 8 500 000,00 €.
Ce projet faisait suite à l’évaluation rétrospective de la coopération française en matière de cinéma menée sur les années 1991-2001 dans les pays de la ZSP. Il a été élaboré pour atteindre les objectifs suivants :
Le MAEE attend les résultats de l’évaluation commanditée en décembre 2009 avant d’engager de nouveaux programmes et projets en ces domaines, tel le FIA, Fonds Image Afrique aujourd’hui suspendu.
(1) In Communication : Les médias vecteurs des nouvelles représentations du temps en Afrique subsaharienne au XXe siècle, Colloque VIII : Inventions et expressions culturelles, Sous thème : Confrontations des temporalités, 129e Congrès national des Sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004
(2) In « Dix ans de pluralisme en Afrique francophone : quel bilan ? » de Marie-Soleil FRÈRE (2001), Les Cahiers du journalisme, n°9, p. 28-59.
(3) In « Connaître Les Médias D'afrique Subsaharienne - Problématiques, Sources et Ressources » d’Annie Lenoble-Bart, Editions Karthala, Collection Hommes Et Sociétés, 2008, 176 p.
(4) L’analyse de l'origine des films diffusés nous informe que plus de 99% des programmes proviennent du Nord : de 30 à 40% pour les USA, de 20 et 25 % pour la France, le reste provenant d’Allemagne et de Grande-Bretagne. À titre d’exemple, sur les 20,39 % du temps total d'antenne consacré à la fiction à la télévision camerounaise (sur quatre ans) 8,78% des productions diffusées sont nationales (CRTV, Cameroun), alors que 91,21 % des programmes sont importés. Ce chiffre comprend cependant les rediffusions : 9 films sur 10 diffusés sur CRTV sont américains, allemands ou français. Source UNESCO
(5) Regard critique sur la situation de la liberté de la presse en Afrique entretien de Pierre-Nicolas Guesdon avec Léonard Vincent, Léonard Vincent, journaliste et responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières (RSF), article paru sur Africultures en date du 20 novembre 2007, http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=7109
(6) Ce FSP, d’un montant de 14 400 000 FRF (2 195 265,80 € ), initialement prévu pour une période de 24 mois à compter du 1er janvier 2001 sur l’ensemble des pays du continent africain, couru en fait sur une période de 30 mois.
(7) Le Fonds Images Afrique / MAEE : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/cinema_886/aides-production_5622/fonds-images-afrique_6472/index.html
(8) L’agence internationale de la francophonie et le MAEE revenaient lors d’une conférence presse sur le relatif échec du programme Africa Cinémas, lancé en 2003 par les deux partenaires alors soutenus par l’Union européenne. Rencontre Africa Cinémas, FESPACO 2007, Propos recueillis par Aurore ENGELEN, 5 p.